Le Journal · N° 19 · Copropriété

Travaux en copropriété sur les parties communes : quelle majorité en assemblée générale ?

Par Édouard Choquenet, Atelier Angle Noir Paris 17e Publié le 27 octobre 2026 Lecture 7 min
Illustration de l'Atelier Angle Noir : les quatre seuils de vote de l'assemblée générale de copropriété, en marches d'escalier. Article 24, majorité simple ; article 25, majorité absolue ; article 26, double majorité ; unanimité ; avec les exemples de décisions et les deux passerelles de second vote.

Des travaux en copropriété sur les parties communes ne commencent qu'après un vote de l'assemblée générale. Pour les travaux qu'un copropriétaire fait à ses frais et qui touchent les parties communes ou l'aspect extérieur, la règle est la majorité absolue de l'article 25. S'ils reviennent à s'approprier ou à détruire une partie commune, il faut la double majorité de l'article 26.

Comprendre

Acheter un appartement en copropriété, c'est acheter un lot : une partie privative, réservée à son usage, et une quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes. La frontière entre les deux décide de ce que le propriétaire fait seul et de ce qui passe par un vote.

Coupe de principe d'un étage courant d'immeuble parisien : façade, refend porteur, plancher porteur, conduit de fumée et chute d'eaux usées en parties communes ; cloisons, parquet, carrelage et raccordement en parties privatives ; balcon en partie commune à jouissance privative ; fenêtre selon le règlement.
Fig. 2 · Privatif ou commun : où passe la frontière dans un étage courant (illustration de l'Atelier).

Chez soi, le propriétaire décide seul. Il use et dispose librement de ses parties privatives, sans porter atteinte à la destination de l'immeuble ni aux droits des voisins. Abattre une cloison non porteuse ou refaire un parquet ne demande en principe aucun vote.

Ce qui est commun se vote. Quand le règlement de copropriété ne dit rien, la loi répute communs le sol, les cours, le gros œuvre, les équipements communs, y compris les canalisations qui traversent les appartements, les coffres, les gaines, les têtes de cheminée, les passages et les couloirs. Le règlement peut fixer une autre limite : c'est lui qui fait foi.

Un balcon reste commun. Une terrasse ou un balcon réservé à un lot est une partie commune à jouissance privative. Le propriétaire en a l'usage, pas la propriété. Une jardinière ne demande rien ; une transformation légère se vote à l'article 25, une construction à l'article 26.

La loi du 10 juillet 1965 range chaque décision de l'assemblée sous l'un de quatre seuils, du plus facile au plus exigeant.

Deux passerelles évitent de tout recommencer à l'assemblée suivante. Si un projet relevant de l'article 25 échoue mais recueille au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires, il est revoté aussitôt, à la majorité de l'article 24. Si un projet relevant de l'article 26 échoue mais réunit la moitié des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance, avec au moins un tiers des voix de tous, il est revoté dans la même assemblée, à la majorité de l'article 25.

Ce qu'il faut vérifier

Le chemin d'une demande

  1. Préparer le dossier : un descriptif, des plans, la localisation exacte des travaux, et les devis quand ils existent.
  2. Écrire au syndic par lettre recommandée avec avis de réception, à tout moment de l'année. Le syndic ne juge pas l'opportunité de la demande : il l'inscrit. Le copropriétaire peut aussi demander une assemblée spéciale, entièrement à ses frais.
  3. Recevoir la convocation, au moins 21 jours avant la séance, avec l'ordre du jour et le formulaire de vote par correspondance.
  4. Présenter le projet en assemblée, qui vote en principe résolution par résolution.
  5. Attendre deux mois après la notification du procès-verbal. Passé ce délai, la décision devient définitive, même irrégulière.

En cas de refus, le demandeur dispose lui aussi de deux mois après la réception du procès-verbal pour en demander l'annulation au tribunal judiciaire. Pour des travaux d'amélioration, il peut demander au juge l'autorisation de les réaliser.

Les erreurs fréquentes

Les questions à poser

Au syndic :

Au vendeur, avant d'acheter :

Ce que fait l'Atelier

L'Atelier Angle Noir est une entreprise de rénovation installée au 81 rue Boursault, Paris 17e. Il conduit les rénovations d'appartements anciens en contractant général, avec une conception par un architecte d'intérieur.

Avant de chiffrer, l'Atelier lit le règlement de copropriété et repère ce qui, dans le projet, touche une partie commune : mur porteur, chute, façade, conduit. Il prépare avec le propriétaire le descriptif et les plans à joindre à la demande d'inscription, puis cale le calendrier du chantier sur celui de l'assemblée et sur le délai de recours. Les travaux de façade, votés par la copropriété elle-même, sont présentés dans l'article sur le ravalement à Paris.

Pour situer un projet avant le vote, l'estimateur de l'Atelier donne un premier ordre de grandeur pièce par pièce. Pour préparer le dossier destiné au syndic : prendre rendez-vous, rue Boursault.

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Questions fréquentes

Faut-il l'accord de l'assemblée générale pour abattre une cloison ?

Non, si la cloison n'est pas porteuse et qu'elle appartient au lot : le propriétaire dispose librement de ses parties privatives. Un mur porteur fait partie du gros œuvre, commun : l'ouvrir demande l'autorisation de l'assemblée et une étude de structure.

Que se passe-t-il si un projet relevant de l'article 25 n'obtient pas la majorité ?

S'il a recueilli au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires, il est revoté aussitôt, dans la même assemblée, à la majorité simple de l'article 24.

Combien de temps faut-il pour obtenir l'autorisation de travaux en copropriété ?

Il faut compter l'inscription à l'ordre du jour, une convocation envoyée au moins 21 jours avant la séance, puis deux mois de délai de recours après la notification du procès-verbal. Si la demande arrive trop tard, elle attend l'assemblée suivante.

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Édouard Choquenet

Contractant général et architecte d'intérieur, fondateur de l'Atelier Angle Noir, Paris 17e. Rénovation d'appartements haussmanniens et patrimoniaux, à prix ferme et forfaitaire.