La rénovation d'une salle de bain à Paris 17e se décide d'abord dans l'immeuble, avant le choix du carrelage. Quatre contraintes placent la pièce : la chute commune vers laquelle l'eau s'écoule, le plancher qui porte la baignoire et la chape, l'étanchéité sous le carrelage, et l'air qu'il faut renouveler. S'y ajoute la copropriété, dès qu'on touche une canalisation commune.
Comprendre
Dans les immeubles anciens du 17e, des Batignolles aux Ternes, les pièces d'eau d'origine sont souvent groupées près des chutes, parfois sur courette. La chute est le tuyau vertical qui reçoit les eaux usées de tous les étages. Dans l'ancien, elle est le plus souvent en fonte, parfois en plomb ou en grès.
L'eau rejoint la chute par gravité. Le tuyau qui part de la baignoire, du lavabo ou du WC doit donc descendre en continu jusqu'à elle. La pente minimale admise pour les parties horizontales est de 1 cm par mètre. Cette pente se loge dans l'épaisseur du sol : plus l'appareil est loin de la chute, plus le sol fini doit être rehaussé.
Le calcul se fait avant de dessiner. À 3 mètres de la chute et à 1 cm par mètre, le tuyau descend de 3 cm. Il faut y ajouter le diamètre du tuyau et la hauteur du siphon, donnée par le fabricant. Cette rehausse se confronte ensuite aux seuils de porte et à la hauteur sous plafond.
Le plancher est la deuxième contrainte. Beaucoup d'immeubles parisiens anciens ont des planchers en bois, sur solives. Ils laissent peu de place pour la pente et supportent une charge limitée. Une baignoire en fonte d'environ 140 kg, remplie de 230 litres d'eau, avec son occupant, représente environ 450 kg posés sur quelques mètres carrés.
La troisième contrainte est sous le carrelage. Le carrelage et ses joints laissent passer l'eau. Dans une douche ou autour d'une baignoire, une couche continue s'intercale donc entre le support et le carrelage.

Deux familles de procédés coexistent, et ne se remplacent pas :
- La protection à l'eau sous carrelage (SPEC) protège un support sensible à l'eau, comme le plâtre. Ce n'est pas une étanchéité. Au sol, elle ne s'emploie que dans une pièce sans siphon de sol.
- Le système d'étanchéité liquide (SEL) est une vraie étanchéité. Il est exigé pour une douche à l'italienne avec siphon sur un plancher d'étage.
La dernière contrainte est l'air. Une pièce d'eau sans extraction moisit, chez soi et parfois chez le voisin. L'air vicié sort en partie haute ; l'air neuf entre par un jour sous la porte ou une grille. Dans l'ancien, la ventilation est souvent naturelle, par une fenêtre ou un conduit : il n'y a pas toujours de ventilation mécanique collective.
Autour de la baignoire et de la douche, la norme électrique NF C 15-100 trace enfin des volumes où l'on n'installe pas n'importe quel appareil. Ils se dessinent sur le plan avant l'arrivée de l'électricien.
Ce qu'il faut vérifier
Avant de dessiner la nouvelle salle de bain, l'Atelier vérifie sur place et dans les documents de l'immeuble :
- La chute : sa position exacte, son matériau, son état. Une photo et une mesure suffisent pour commencer.
- Le trajet de chaque appareil jusqu'à la chute, mesuré, avec une pente tenue sans contre-pente.
- La hauteur à prendre au sol, comparée aux seuils de porte et à la hauteur sous plafond.
- Le plancher : sens des solives, état, charge admissible. Avec une baignoire lourde ou une chape, l'avis d'un bureau d'études structure s'impose.
- La pièce du dessous, chez le voisin : chambre, séjour ou autre pièce d'eau.
- Le règlement de copropriété, sur les pièces d'eau et sur la limite entre parties communes et parties privatives.
- L'extraction en partie haute et l'entrée d'air.
- L'amiante : pour un immeuble construit avant le 1er janvier 1997, un repérage de l'amiante avant travaux est obligatoire. Il revient à celui qui commande les travaux.
Le même raisonnement vaut pour une cuisine : l'article Créer une cuisine dans un haussmannien détaille l'évacuation et la pente côté évier.
Les erreurs fréquentes
- Placer la salle de bain sur le plan avant d'avoir trouvé la chute. Le plan se refait, ou le sol monte de plusieurs centimètres.
- Calculer la pente sans le diamètre du tuyau ni le siphon. La rehausse manque une fois le chantier ouvert.
- Entailler les solives pour encastrer l'évacuation. Le plancher perd sa résistance.
- Poser une baignoire en fonte sur un plancher bois sans calcul.
- Oublier l'extraction. Les moisissures apparaissent chez soi, et parfois chez le voisin.
- Limiter l'étanchéité à l'emprise de la douche. L'angle sol-mur non traité laisse l'eau filer dans les cloisons. Au sol d'une douche à l'italienne, l'étanchéité remonte d'au moins 0,10 m au-dessus du revêtement fini ; à défaut, elle se prolonge d'au moins 1 m hors de la douche.
- Mettre une simple protection au sol d'une douche à siphon. Il y faut une étanchéité liquide.
- Choisir un procédé sans avis technique, ou équivalent. L'ouvrage risque de ne pas être assuré.
- Percer la membrane après coup, pour une barre ou un porte-serviette, sans reprise.
- Se raccorder sur la chute sans prévenir le syndic.
Les questions à poser
Au plombier :
- « Par où passe l'évacuation, avec quelle pente, et combien de hauteur faut-il prendre au sol ? »
- « Comment vous raccordez-vous sur cette chute, et avec quelle pièce ? »
Au carreleur :
- « Quel procédé d'étanchéité, sous quel avis technique, et vise-t-il ce support ? »
- « Protection ou étanchéité au sol ? Il y a un siphon. »
- « La membrane sera-t-elle visible avant la pose du carrelage ? »
Au syndic :
- « La chute est-elle d'origine ? Des travaux de colonnes sont-ils prévus ? »
- « Le règlement encadre-t-il les pièces d'eau au-dessus des pièces principales ? »
Ce que fait l'Atelier
L'Atelier Angle Noir est une entreprise de rénovation installée 81 rue Boursault, aux Batignolles. Il conduit les chantiers d'appartements anciens en contractant général, avec une conception par un architecte d'intérieur.
Pour une salle de bain, l'Atelier commence par le relevé : chute, plancher, pièce du dessous, ventilation, règlement de copropriété. Le dessin vient ensuite, à partir de la pente et de la hauteur disponibles. L'étanchéité est photographiée avant la pose du carrelage.
Quand le projet touche une canalisation commune, l'Atelier prépare avec le propriétaire la demande à adresser au syndic. Ces travaux demandent l'autorisation de l'assemblée générale, votée à la majorité des voix de tous les copropriétaires, avant le début du chantier. Ni le syndic ni le conseil syndical ne peuvent l'accorder.
Le budget suit les mêmes contraintes : distance à la chute, état du plancher, procédé d'étanchéité, passage en assemblée générale. Pour un premier ordre de grandeur, l'estimateur de l'Atelier chiffre les travaux pièce par pièce. Le prix ferme se fixe après visite, sur rendez-vous. L'ordre des étapes d'un projet complet dans l'arrondissement est détaillé dans l'article Rénover un appartement dans le 17e : par où commencer ?
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Réserver 15 minutesQuestions fréquentes
Peut-on déplacer une salle de bain dans un appartement ancien ?
Oui, si la pente vers la chute se loge dans le sol et si le plancher porte la charge. Plus la nouvelle pièce s'éloigne de la chute, plus le sol se rehausse. Le règlement de copropriété peut aussi encadrer les pièces d'eau au-dessus des pièces principales.
Faut-il l'accord de la copropriété pour rénover sa salle de bain ?
Pas pour les travaux qui restent dans les parties privatives, dans le respect du règlement de copropriété. Dès que le chantier touche une partie commune, comme une chute qui dessert plusieurs logements, l'autorisation de l'assemblée générale est nécessaire avant les travaux.
Une douche à l'italienne est-elle possible sur un plancher bois ?
Elle demande une vraie étanchéité liquide au sol, sous un procédé dont l'avis technique vise ce support. Le plancher doit être sain et ne pas bouger. La pente vers le siphon doit aussi trouver sa place dans l'épaisseur du sol.